Pollution des eaux en Bretagne, toujours l'impasse !
Malgré ce qui semblait être une prise de conscience des responsables régionaux, malgré les beaux discours et les aides accordées par Bruxelle, le littoral breton n'en finit plus de mourir sous le poids de la pollution. Ici, les intérêts partisans d'une minorité d'agités semblent avoir beaucoup plus de poids que l'intérêt général et l'avenir des générations futures.
L'eutrophisation du milieu aquatique
En mer, l'eutrophisation se manifeste couramment par le phénomène dit de "marées vertes". Les algues vertes (ulves) , alors en surnombre asphyxient le milieu marin et empêchent le fonctionnement normal de la chaîne alimentaire. L’eutrophisation des eaux est due à un apport exagéré de substances nutritives dont les origines sont multiples :
Rejets urbains et rejets agricoles : matière organiques, lessives, engrais azotés (nitrates) , épandages de liziers ...

Baie de Douarnenez - 12 Aout 2007 - 18H
Juin 2007 :.
La Commission européenne juge insuffisants les efforts français, et demande une amende de plus de 28 millions d’euros, assortie d’astreintes journalières de 117.882 euros
Voila 20 ans que la France est en infraction en ne respectant pas une directive européenne datant de 1975, qui limite le taux de nitrates à 50 mg/l.
sources : S-eau-S
Agriculture : La conversion au bio, une solution évidente !
En agriculture, produire propre coûte moins cher que traiter les eaux contaminer par les polluants agricoles. En Allemagne, les aides apportées à la filière bio ont fait baisser la facture de dénitrification des eaux de ville. Une expérience qui intéresse la France. Si les marées vertes sont directement causée par les élevages intensifs en surnombre, l'accumulation de molécules toxiques dans les nappes phréatiques et les cours d'eaux menace la santé publique. Dans toute la Bretagne, on trouve des traces de pesticides, fongicides, herbicides ... dans l'eau du robinet. Les traitements sont souvent couteux. A Auray, le compteur affiche le mètre cube à 8 euros !
A lire : En agriculture, produire propre coûte moins cher que dépolluer l’eau.
Les analyses 2006 de la DDASS des Côtes d'Amor.
Les stations d'épuration défaillantes ...
L'agriculture productiviste financée par la PAC (nos impôts) n'est pas la seule menace qui pèse sur l'avenir du mileu marin.
La spéculation immobilière et l'urbanisation incontrôlée du littoral menace l'ecosytème et la sauvegarde des paysages. La construction sur un rythme effrénés de lotissements disgracieux souvent destinés à un usage de résidence secondaire, le contournement de la loi littoral par certaines municipalités qui n'hésitent plus à accorder, hors agglomération, des permis de construire dans la bande des 100 mètres, et l'insuffisance du traitement des eaux usées rejetées en rivière ou au large par émissaires dressent un tableau sombre du bilan écologique de la région.
A lire : Le site de l'Aallpa.
Le dépeçage de la loi-littoral, un article de la Revue "Paysage de France".
Dans le Morbihan, les pressions exercées sur les élus locaux par certains lobbies financiers, et le désintérêt de la population ont hypothéqué la création du Parc naturel du Golfe du Morbihan.
sources : Les amis de kervoyal
Le cas de la rivière d'Auray : Comme tous les milieux semi-fermés et soumis aux marées, la ria de la rivière d'Auray et le Golfe du Morbihan sont des milieux marins particulièrements fragiles. Ce sont aussi des neurseries ou de nombreuses espèces se reproduisent ... se reproduisaient .. S'il y a 50 ans, il était courant de voir des bancs de maquereaux poursuivis par des marsoins remonter la rivière, aujourd'hui celle-ci est classées insalubre sur une grande partie de son cours !
Un désastre qui aurait pu être évité ?
Peut être pas totalement, mais depuis 20 ans la station d'épuration de Kerran rejette illégalement ses effluents dans les étangs du Rocdu. Une station mal adaptée à ce milieu fragile qui de surcroit supporte difficilement les pics de la période estivale. Il aura fallu attendre l'années 2007, pour que Bruxelle bloque pour 2 ans le PLU de la CC3R (Crac'h, Saint-Philibert et Locmariaquer).
Rappelons aussi, que Locmariaquer fut considérée comme le berceau de l'huître plate jusqu'en 1974, années pendant laquelle l'huître plate du Golfe du Morbihan se trouva décimée par des parasites. Aujourd'hui les ostréiculteurs élèvent une huitre plus résistante importée du Japon. De la baie de Quiberon à l'estuaire de la rivière d'Auray, le taux de mortalités dans les parcs à huitre ne cesse de croître au fil des années.
Un jour, les Pouvoirs publics auront-ils le courage de résister aux lobbies et d'accélérer la législation pour sauvegarder l'environnement ?
Jeudi 1er Novembre 2007 :
Malheureusement, la France a encore réussi à négocier un nouveau délai pour remplir ses obligations en matière de qualité des eaux bretonnes destinées à la production d’eau potable !!
Par contre, le tribunal administratif de Rennes a été moins indulgent en constatant que « la carence de l’Etat dans la mise en œuvre des réglementations nationale et européenne constitue une faute de nature à engager sa responsabilité, et que cette faute est en relation directe avec la pollution nitratée des eaux à l’origine du phénomène des marées vertes dans les baies de St Brieuc et de Douarnenez ».
Le tribunal reproche aux préfets du Finistère et des Côtes d’Armor, les représentants de l’Etat localement, une régularisation quasi-systématique des dépassements de cheptel, la mauvaise qualité des études d’impact sur l’environnement, des dysfonctionnements des conseils départementaux d’hygiène, des retards dans l’application des directives européennes, des manques de contrôles…
En conséquence, l’Etat a été condamné à verser un total de 5002 € à 3 associations (Eau & Rivières de Bretagne - Halte aux marées vertes - Sauvegarde du Trégor) qui s’étaient constitué parties civiles dans le dossier des marées vertes des baies de St Brieuc, Lannion, et Douarnenez.
sources : Eau & Rivières
Bilan 2007 du programme Prolittoral :
A l’occasion du bilan annuel du programme Prolittoral, Kofi Yamgnane, le vice-président du conseil général du Finistère chargé de l’eau, a fait part de son étonnement. En août et septembre, la marée verte a battu tous les records en Bretagne. Plus de 700 hectares de sites sableux ont été recouverts d’algues vertes. Une augmentation de de 70 % par rapport à la moyenne de la période 2002-2006.
Source : enviro2b.
Autres réjouissances de l'année 2007 :
Lait contaminé par la dioxine : En l'absence d'incinérateur dans les zones concernées des départements de Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine et Morbihan, les autorités recherchent les causes de cette pollution dans la contamination de l'alimentation des animaux ou l'épandage des boues de stations d'épuration dans les champs, pratique courante, interdite en agriculture biologique.
Le communiqué des servives sanitaires de la Loire-Atlantique.
Pêche à l’hépatite A dans la baie de Paimpol : Ainsi titrait le journal Libération du samedi 1er septembre 2007 après qu'une cinquantaine de cas de contamination de baigneurs et de pêcheurs de coquillage aient été comptabilisés chez des vacanciers séjournant près de la baie de Paimpol en Côtes-d’Armor.
Pourtant le problème n'est pas récent dans cette région de Bretagne, pour témoin cette note de l'Ifremer qui date de 1999 :
Une épidémie d'hépatite A a été détectée en Côtes d'Armor en février 1999. Elle a été reliée à la consommation, à fin décembre 1998, d'huîtres creuses issues de la baie de Paimpol. Cet épisode a mené les services sanitaires et de police de l'eau, ainsi que l'IFREMER, à réfléchir sur les modifications en cours de l'assainissement des communes de Paimpol et de Ploubazlanec.
Rappelons qu'il existe 3 formes de contamination des produits de la mer (coquillages fouisseurs, moules, huitres...) dues aux activités humaines et à la pollution des eaux du littoral.
- Pollution microbienne : colibacilles, bactéries coliformes, bactéries, virus sont responsables de typhoïdes, salmonelloses, gastros entérites, hépatites A... L'origne de ce type de pollution est principalement liée aux activités humaines et au mauvais traitement des eaux usées chargées de matières fécales d'origine humaine ou animale (élévages).
- Accumulation de toxines : insecticide, pesticides, métaux lourds (cadmium, plomb, cuivre et PCB) et autres substances chimiques toxiques.
- Pollution "naturelle" dues au plancton (phycotoxines) : dinoflagellés marins, diatomées (Dinophysis, Alexandrium, Pseudo-Nitzchia) provoquent des diarrhées, des maux de tête, des troubles nerveux ou des lésions cérébrales.
A lire :
Le rapport 2006 de l'Ifremer.
On regrettera dans biens des cas l'absence d'affichage permanent sur les sites régulièrement pollués et sur lesquels la pêche à pied est fortement pratiquée malgré les risques. C'est le cas de zones régulièrement contaminés comme la baie de Loctudy et la Pointe de Mousterlin dans le Finistère (le marais de Mousterlin pourtant classé Natura 2000 subit toujours les rejets de la station d'épuration de Fouesnant). Rappelons que la cuisson des coquillages et des végétaux inactive de nombreux virus si la température de l'eau de cuisson est portés à 90°C pendant au moins 3 minutes.
Relevés réalisés en Bretagne par les services de la DDASS.

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