08/01/07

Eoliennes et oiseaux

Les gigantesque pales des éoliennes représentent-elles un danger pour la faune avicole ?

Une éolienne avec un rotor de 30 mètres de diamètre effectue un tour toute les 3 secondes. La vitesse en bout de pale va alors atteindre 31 mètre par seconde, ce qui représente plus de 100 KM/h. Les aérogénérateur de dernière génération peuvent utiliser des pales de 60 m de long qui présenteront à la périphérie une vitesse dépassant les 200 km/h. Perché sur un mat à 100 mètres de hauteur, l'éolienne peut alors représenté un obstacle redoutable si elle est placée sur la route d'oiseaux migrateurs.

Il peut en effet arriver que par mauvais temps ou par distraction des oiseaux ne contournent pas les hélices des éoliennes en rotation. Le comportement peut aussi être différent d'une espèce à l'autre. Il est donc indispensable que l'implantation des éoliennes tienne compte des routes suivies par les oiseaux migrateurs.

Les premières études statistiques montrent que les collisions avec les éoliennes restent un facteur très faible de mortalité avicole.
Cette étude réalisée au Canada tend à démontrer que les éoliennes représentent un danger très faible pour les oiseaux par comparaison avec les lignes à haute tension et les baies vitrées d'immeubles.

statistique de mortalité des oiseaux


La mortalité annuelle d'oiseaux tués par la chasse en France :

Pigeaon ramier : 5,76 millions
Grive : 4,5 millions
Faisan : 5 millions
Perdrix rouge : 1,7 millions

Source : ROC


Un exemple d'intégration de parc éolien au Maroc

Le parc de Koudia Al Baida au Maroc est consitué d'une batterie de 84 aérogénérateurs de 600 kW répartis en crète de colline sur de 8 km de long à une altitude comprise entre 370 et 560 m. Le parc est situé à 20 km au nord de Tétouan, 30 km à l'est de Tanger. Le site est soumis plus de la moitié de l’année à des vents dont la vitesse est comprise entre 7 et 15 m/s, notamment le Chergui qui souffle d'est en Ouest, de la Méditerranée vers l’Atlantique. La production annuelle est de l’ordre de 200 GigaWattsHeures ce qui correspond à 4000 heures à pleine puissance. Cette production correspond à l’équivalent de la consommation électrique de près de 400.000 habitants.

La disposition du parc a été conçue afin d’optimiser le captage de l’énergie éolienne et de minimiser l’impact sur le milieu environnant. Les vents dominants provenant des secteurs Est et Ouest, les turbines sont alignées sur un axe nord-sud sur une dizaine de kilomètres. Pour ménager des passages pour les oiseaux, les turbines ont été rassemblées en trois groupes séparés par des couloirs de plusieurs centaines de mètres. Une étude pour évaluer l’impact du parc sur les oiseaux a conclu à une faible mortalité. L’étude, menée de Septembre 2001 à fin octobre 2001, en période de migration, a duré 44 jours. Neuf mille grands voiliers ont été observés (dont 18 espèces de rapaces et 2 de cigognes), et 1338 passereaux (22 espèces). La majorité des grands voiliers qui ont traversé les crêtes où se trouvent les éoliennes, ont détourné leur vol, tandis que les passereaux ont été très peu affectés. Les oiseaux ont bifurqué vers l’Ouest, passé dans la trouée prévue, ou survolé les éoliennes. Seuls deux oiseaux ont été trouvés morts sous les pales durant cette période, un Martinet mâle Apus pallidus et une Alouette Lulu Lullula arborea.

Source

0 commentaires: