03/12/07

L'Académie des Beaux Arts contre l'éolien !

Ce serait donc la deuxième fois en un peu moins de deux ans que l'Académie des Beaux Arts monte un groupe de travail pour démolir l'énergie éolienne. Dans sa Lettre 45 de l'été 2006, l'Académie s'était dèjà exprimée contre l'éolien suite à un débat qui se serait déroulé pendant plusieurs mois.

Le photographe Yann Artus-Bertrand membre de l'académie des Beaux arts a réagit en parlant de son grand intérêt pour l'énergie éolienne. Une énergie dont les "avantages sont nombreux : Elle ne détruit pas la nature, elle ne pollue ni l'eau, ni l'air. Elle ne produit pas de déchets".

Le Livre Blanc contre l'éolien dénonce pèle-mèle :

Les bruits, infrasons, effets stroboscopiques, projections de glace ou de morceaux de pales, foudre, le tourisme sinistré, l'immobilier dévalué, la dénaturation des paysages, des sites classés et des monuments historiques, les perturbations de la faune, la destruction des oiseaux, les perturbations des transmissions (radio FM, télévision, radars), la fragilisation du réseau électrique, le risque de black out...




Les éoliennes sont-elles bruyantes ? Ici on se trouve à environ 250 mètres des éoliennes et on commence à peine à distinguer leur bruit noyé dans le vent. Le passage d'une motocyclette sur la départementale (environ 250 mètre en arrière) donne une idée du niveau sonore des éoliennes (le micro pour la prise de son est très sensible).

Un réquisitoire digne de Vent de colère. Devant tant d'acharnement, le site d'architecture Archiccol se demande qui aurait pu commander cette étude ... ?

On peut remarquer que le groupe de travail aurait pu être influencé par quelques architectes du nucléaire. Parmis les neuf membres qui ont participé à la rédaction du Livre Blanc des éoliennes, deux d'entre-eux sont en effet notoirement connus pour leur réalisations dans le développement du programme nucléaire français.

Roger, architecte, a réalisé pour EDF des projets de centrales nucléaire et a construit la centrale nucléaire de Tournus, tandis que Claude qui exerce la même profession ... a dirigé le plan architecture d'EDF pour la construction de ses centrales nucléaires et fut l'architecte des centrales nucléaires de Cattenom en 1978 et de Chooz en 1982...


Le dossier argumente en citant Georges Charpak :

Je suis un fanatique des énergies renouvelables, mais elles ne seront jamais à la hauteur de nos besoins. Surtout au moment où des continents entiers, comme la Chine et l’Inde, rentrent dans l’ère du développement. Tant qu’on ne m’aura pas prouvé que l’homme moderne est prêt à revenir à la lampe à pétrole et à la bicyclette, je continuerai à défendre l’énergie nucléaire .


Quelle drôle de façon de réfléchir, non ... ? C'est justement parceque les Chinois et l'Inde vont créer une inflation dsur les prix des matières premières, du pétrole et de l'uranium ... qu'il est urgent de développer notre indépendance énergétique avec les énergies renouvelables qui en sont le garant !

On notera quelques autres réflexions surprenantes...

La France, la Suède, la Norvège, la Belgique, la Suisse ont des parcs nucléaires ou hydrauliques importants et n’ont aucun intérêt raisonnable à l’éolien.


L’énergie éolienne a sa valeur dans certains pays : le Danemark dont l’électricité est produite par le charbon (90%) et le fuel (10%), l’Allemagne, l’Espagne. Ces 3 pays n’ayant pas de nucléaire ou y ayant renoncé.


Finalement, les défauts reprochés à l'éolien sont acceptables pour les pays qui ne veulent pas de l'énergie nucléaire. Les arguments forts reposent dans l'ensemble sur l'affirmation que l'éolien est plus couteux que le nucléaire serait générateur de CO2 puisqu'il demande une régulation thermique. D'autre part, le nucléaire est estimé écologique parceque non générateur de CO2, sans risque et pérènne, ce qui est très loin d'être prouvé.

Une récente étude menée en Allemagne autour des centrales nucléaires indique un taux de leucémie chez les enfants anormalement élevé.

12 décembre 2007 - Une étude de l'Office fédéral de protection contre les radiations révèle une plus grande fréquence des cancers chez les enfants de moins de cinq ans vivant à proximité directe (moins de cinq kilomètres) des centrales nucléaires allemandes. Menée par des chercheurs de l'université de Mayence à partir de données épidémiologiques couvrant la période 1980-2003, elle a recensé 77 cas de cancers, dont 37 leucémies, autour des 16 sites examinés, au lieu des 48 cas de cancers, dont 17 leucémies attendus en prenant pour base la moyenne nationale.


Une technologie comme le nucléaire est-elle bien raisonnable ? La construction d'une centrale nucléaire dure une dizaine d'années, son fonctionnement une quarantaine d'année, il faut parfois plus de 50 ans pour en réaliser le démantèlement, et la gestion des déchets est une affaire encore non réglée qui demande des milliers d'années de surveillance ...

De son coté l'éolien ne cesse d'améliorer sa rentabilité (60€ le MWH), et la pénurie sur le marché de l'uranium devrait rapidement rapprocher les coûts de production. Les nuisances sonores ont presque disparu grâce aux progrès d'aérodynamique sur le rotor et les pales. D'après le RTE (Réseau de Transport de l’Electricité) l'éolien est adpaté à la demande d'électricité surtout en hivers quand les éoliennes fonctionnent à plein régime.

La compensation et la régulation de l'éolien sont les arguments forts des anti-éolien. Hors on peut penser que ses investissements seront compensés dans le temps car des équipements de production qui travaillent en substitution l'un de l'autre auront une durée de vie 2 fois plus longue. D'autre part, les variations brutales de régime de l'éolien peuvent être régulés par l'hydraulique ou des installations modernes comme les centrales au charbon à puits de carbone. EDF négocie également de nouveaux contrats avec les industriels gros consommateurs d'électricité comme la métallurgie qui permet un délestage. On voit que de nombreuses possibilités et un peu d'ingéniosité permettent d'intégrer les éoliennes dans le réseaux avec un bilan énergétique positif.


Bilan 2006 du RTE - Réseau de Transport de l'électricité :

La production issue des sources d’énergie renouvelables hors hydraulique a augmenté de 27,7 % soit + 1,2 TWh. Elle représente 5,5 TWh en 2006 dont 2,2 TWh issus de la
production éolienne. La production thermique classique qui assure le rôle de bouclage de l’équilibre offre / demande est en baisse de 9,6%.

Sources : RTE - Enr

Pré Bilan 2007 du RTE - Réseau de Transport de l'électricité :

L’ENERGIE EOLIENNE CONTRIBUE A L’EQUILIBRE DU RESEAU ELECTRIQUE.

Autre avantage, selon le RTE, « malgré l’intermittence du vent, l’installation d’éoliennes réduit les besoins en équipements thermiques nécessaires pour assurer le niveau de sécurité d’approvisionnement souhaité. On peut en ce sens parler de puissance substituée par les éoliennes ». L’électricité éolienne remplace ainsi, outre la production issue des centrales thermiques, les capacités de production thermique qu’il aurait été nécessaire de mettre en oeuvre sans la contribution des énergies renouvelables : un parc éolien d’une puissance de 18 000 MW en 2015, conformément aux objectifs de la dernière Programmation Pluriannuelle des Investissements (PPI), remplacera donc environ 4 500 MW thermiques (représentant plus d’un cinquième du parc thermique français actuel), soit l’équivalent de plus de 7 centrales thermiques, évitant ainsi les émissions de CO2 associées.

sources :
Bilan provisoire 2007 du RTE
Communiqué du syndicat des ENR


Cout réel de l'énergie nucléaire

Si le prix de revient du MWH éolien est proche de 60 euros, le nucléaire qui affiche un MWH à 40 euros en intégrant la gestion des déchets semble meilleur marché. La flambée attendu sur le marché de l'uranium pourrait rapidement donner l'avantage à l'éolien.

D'après la NEF le cout réel du Mwh nucléaire est mal estimer par les grands producteurs, il pourrait même dépasser les 70 euros !


Autres dossiers intéressants :

Un modèle d'utilisation des énergie renouvellables pour une production 100% verte en Allemagne.

Une équipe du département de génie civil et environnement de l'Université de Stanford a démontré que l'interconnexion des parc éoliens avant leur liaison au réseau électrique permettrait de garantir jusqu'à 43% de leur production tout en réduisant les frais de raccordement.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

LE MEDAD ET L'ADEME : Une mise au point sur l'éolien

Il y a quelques jours, le Figaro Magazine a publié un dossier assez critique sur l'énergie éolienne.

La réponse n'a pas tardé. Ainsi, le Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables (MEDAD) et l'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME), ont édité une note d'information, publiée le 15 février dernier, qui fait justement le point sur l'énergie éolienne dans notre pays et qui resitue le contexte dans lequel cette forme d'énergie se développe. Point par point voilà ce que dit cette note.
A propos du C02
« Sur l'année 2008, l'éolien permettra d'éviter l'émission de 1,65 million de tonnes de CO2. En effet, la production éolienne se substitue essentiellement à des productions à partir d'énergies fossiles, comme le montrent les scénarios prévisionnels du Réseau de Transport de l'Electricité (RTE). En 2020, un parc de 25 000 MW », tel que prévu dans les objectifs du Grenelle de l'Environnement, « devrait permettre d'éviter l'émission par le secteur énergétique de 16 millions de tonnes de CO2 par an ».
A propos de l'intermittence
Concernant la variabilité de l'énergie éolienne, le MEDAD et l'ADEME expliquent que « l'énergie éolienne est, certes, intermittente, mais prévisible et peut contribuer significativement à l'équilibre du réseau. Les progrès de la modélisation et de la prévision météorologique permettent de les anticiper de mieux en mieux ».
A propos de la productivité
Evoquant la productivité du parc éolien français, Ministère et Agence rappellent « qu'elle est largement supérieure à la moyenne européenne ». Contrairement à certaines affirmations, l'électricité d'origine éolienne ne nécessite pas une puissance équivalente en centrale thermique pour pallier ses variations ». Selon RTE, « un parc éolien national d'une puissance de 10 000 MW, réparti sur les trois régions climatiques, apporte la même puissance garantie que 2 800 MW de centrales thermiques à flamme, évitant ainsi les émissions de CO2 associées. »
A propos du coût du kWh éolien
Enfin, sur le coût de l'électricité d'origine éolienne, le MEDAD et l'ADEME expliquent que « le coût de l'éolien, pour le consommateur, est de 0,024 centimes d'€ par kWh consommé. Pour un ménage français qui consomme 2 500 kWh/an (hors chauffage électrique), le coût est donc de 0,6 €/an. ». Une réponse argumentée qui a le mérite d'éclaircir la situation.

Anonyme a dit…

Cette article a été publié sur le site Fee.asso.fr.

Anonyme a dit…

Arguments pour l'éolien :


Un éolienne moderne moderne (1,5MW) produit durant les 20 premières années de fonctionnement 50 fois plus d'énergie qu'en a requis sa fabrication et son installation.

Chaque année une éolienne fournis l'énergie électrique nécessaire à 1200 habitations de 4 personnes.
En 20 ans, c'est 84000 tonnes de charbon ou 32 kilo de déchet nucléaire qui sont économisé.

Anonyme a dit…

Oui vous faites bien de la rappeler !! Les centrales nucléaires produisent des déchets de différentes classes. Les éoliennes évitent environ 3 grammes de déchet hautement radiocatifs par MWh. Il s'agit de déchets haute activité longue durée de vie (classes B et C). Ainsi une éolienne de 2Mw qui fonctionne 2200 heures par an évitera 13,2 Kg de déchets classes B = déchets moyennement radioactifs et C = Produits de fission. Durée d'activité de plusieurs dizaines de milliers d'années. Ces déchets du type B et C sont actuellement entreposés dans les centres du CEA et dans l'usines Cogema de la Hague et de Marcoule. Il n'y a pas de solution à long terme connue pour gérer ces déchets !!